A la montagne, être locavore, j’adore !

A la montagne, être locavore, j’adore !

Le locavorisme montagnard en 3 points

Bonjour, 

 Je suis Manou, Haut-Alpine d’adoption, installée dans le Briançonnais depuis 2016.

 - Amoureuse de la nature, des humains et de la bonne bouffe…

 Dans cet article, je vais vous partager mon expérience d’apprenti locavore mais tout d’abord, définissons le mot !

 Locavorisme  :  si on coupe le mot en deux, on a “loca” (local) et “vore” qui vient du latin  voro, vorare  (“ dévorer”). 

 “  Le locavorisme ou mouvement locavore est un mouvement prônant la consommation de nourriture produite dans un rayon allant jusqu’à 250 kilomètres maximum autour de son domicile. Est nommée locavore une personne qui adhère au locavorisme.”,  selon Wikipedia

Quand je suis arrivée dans les Hautes-Alpes, j’étais enceinte de mon deuxième enfant. La question de l’alimentation a vite pris une grande importance. Diabète gestationnel, immunité au toxoplasmose, les fringales... (des mots très chics que les mamans comprendront) ont rythmé mon quotidien. Ajouté d’un zeste de sensibilité à l’écologie et au développement durable, tout cela m’a donné envie de savoir exactement ce que je mettais dans mon assiette. Parmi la multitude de produits proposés, comment bien choisir ?

 

 1 Privilégier les producteurs locaux

Je me suis intéressée aux producteurs locaux. Dans le Briançonnais et les vallées alentours, les conditions ne sont pas très faciles pour l’agriculture. Le froid, l’altitude et les terrains escarpés ne sont pas faciles à dompter. C’est quelque part une chance car les grandes entreprises d 'exploitation agricole ne s'intéressent pas trop à notre territoire. Seuls d’irréductibles agriculteurs fous se sont lancés dans cette aventure.

 Alors, quand on en trouve, on tombe très facilement sur des passionnés. Quand je vais au marché, je sais où je vais. 

 Je ne me fais pas avoir par tous ses acheteurs-revendeurs qui jurent sur la tête de leur mère qu’ils ont fait pousser des tomates à foison, des mandarines , du kiwi et que d’autres... dans leur jardin. 

Non !  Maintenant, je vais chez les maraîchers du coin. Une astuce pour reconnaître les vrais producteurs, c’est la saisonnalité.

  On est dans le Nord de l’un des départements les plus froids de France. La chance de trouver des fruits et légumes locaux en début de printemps est quasi nulle. Patience !

 Attention : il y a de vrais primeurs de métier, très consciencieux et qui proposent des produits de sélection pour leurs clients.

Pour le fromage...Oh mon doux fromage! de chèvre, de vache, de brebis, on a le choix !  Des producteurs-fromagers passionnés se sont réappropriés le savoir-faire des anciens éleveurs Nord Haut-Alpins et ont apporté leur touche de modernité. Je dis “anciens” car pendant longtemps, toute notre production laitière était destinée à être collectée par des grosses collectivités dans le sud. La transformation n’était pas une priorité. Merci à ces producteurs de perpétuer la tradition.

2 Bien lire les étiquettes

Je vais bien sûr au supermarché et je commande certains produits sur internet car on ne trouve pas tout sur le marché… J’ai passé un temps fou à scruter les origines de chaque produit . Les industriels ont bien compris que manger local était tendance. Du coup, ils mettent des appellations géographiques (non contrôlés). Exemple: charcuterie du Champsaur : c’est local, vous me direz! Vous imaginez des petits cochons tout mignons se roulant dans la boue pas très loin de chez vous. Et ben non ! En lisant bien l’étiquette, on constate que la charcuterie a été fabriquée en Champsaur mais la viande est d’origine UE et non UE . En d'autres termes, ça peut venir de n’importe où !

D’un autre côté, il ne faut pas non plus virer à l’extrême. Pour le petit plaisir, de bons produits, fabriqués en France néanmoins, ont fait leur preuve depuis plusieurs dizaines d’années et nous ramènent à nos souvenirs d’enfance, tel un doudou que l’on pourrait humer:  une bonne soupe de poisson, une touche de sauce rouille et du pain grillé frotté à l’ail après le boulot, par exemple. Miam ! Je m’égare ! Je vous donne de suite la troisième astuce :

3 Changer ses habitudes alimentaires

 C’est la partie la plus difficile pour moi. J’adore les plats exotiques. J’aime bien tout ce qui est manioc, lait de coco, mangue, litchi, banane… et d'autres aliments venus d’ailleurs. Trouver tout ça en local, il ne faut pas rêver. Je me suis adaptée aux habitudes locales… 

 [Et encore…  je n’ai jamais vu autant de guacamole, de tortillas sur les tables d’apéro que depuis que je suis dans les Hautes-Alpes. J’avoue que je n’ai jamais pris autant d’apéro que depuis que je suis dans les Hautes-Alpes non plus.] Sérieusement, j’ai remplacé les ingrédients exotiques par des produits locaux : les choux, les pommes de terres, les pommes, les poires. Avec des producteurs qui ont conservé les variétés anciennes, j’ai découvert une multitude de goûts. Je diversifie mon alimentation, bien plus que quand je ne faisais pas attention à l’origine de ce que je consomme.

 Aujourd’hui, être locavore, c’est mon fort !

Rime bateau mis à part, je gagne à consommer local car certains produits locaux peuvent coûter beaucoup moins cher que leurs équivalents dans la grande distribution. Et pour cause : il y a peu ou pas d’intermédiaire. Le but, c’est aussi de faire des économies !

  Et vous, êtes-vous un locavore qui s’ignore ?